98% des Aixois connaissent Maryse Joissains mais 39% en on une mauvaise opinion
Municipales Aix - On s'en doutait, ce sondage le confirme : tout le monde -plus précisément
98% des Aixois- connaît Maryse Joissains. Ses mandats de
maire sortant, de député -elle a été réélue l'an dernier- sa langue bien pendue et son sens de la formule contribuent à la rendre visible, et bien visible. Sur le terrain de la notoriété, son
concurrent le plus proche est François-Xavier de Peretti, qui capitalise une vie passée à Aix, un opiniâtre travail de terrain -ainsi qu'un nom de famille bien implanté dans la vie politique
aixoise depuis trois décennies- pour obtenir un excellent 94%.
Alexandre Medvedowsky possède les mêmes caractéristiques - enfance et jeunesse aixoises, mandats électifs depuis vingt ans, famille connue à Aix - pour obtenir 83%.
Michel Pezet possède
une notoriété non négligeable (75%) mais souffre d'une absence d'antériorité aixoise. Derrière viennent Jean-Louis Garello, avec une reconnaissance intéressante (25%) mais qui doit
peut-être un peu à son homonymie avec le Pr Jacques Garello, l'universitaire, enseignant d'économie.
Enfin, Honoré Beyer, bien que ne vivant pas à Aix et n'y passant qu'à l'occasion d'élections - pour lesquelles il fait des campagnes fort discrètes- obtient un inespéré 8%. Si la notoriété est
une chose, l'image -la bonne ou la mauvaise opinion qu'on a d'une personne- en est une fort différente.
Sur ce terrain-là, c'est François-Xavier de Peretti qui vire en tête, avec 46% de
bonnes opinions et à peine 18% de mauvaises. Le pourcentage restant étant constitué de sondés qui ne se prononcent pas.
Alexandre Medvedowsky a un profil un peu moins bon, mais similaire : 41% de bonnes opinions, 18% de mauvaises. Tout autre est l'image de
Maryse Joissains et, pour elle, c'est une très
mauvaise surprise: d'une part, elle compte 43% de bonnes opinions, c'est-à-dire moins que F.X de Peretti, mais surtout, elle totalise presque autant de… mauvaises opinions: 39%! On
savait qu'elle ne laissait pas indifférent; mais elle aurait préféré une répartition plus favorable. Là encore, Pezet ferme la marche du quatuor: 31% de bonnes opinions, 18% de mauvaises, ce
qui signifie plus de la moitié des électeurs qui sont indifférents.
Loin derrière viennent Garello et, encore plus loin, Beyer avec, pour ce dernier, 97% des électeurs incapables d'émettre un jugement sur lui. Il manque, à ce sondage, deux
candidates, Aude Charcosset (LCR) et Maryse Galland-Mourbrun (sans étiquette), qui se sont déclarées trop tard pour être prises en compte dans cette enquête. Mais ce n'est pas leur faire
insulte que de supposer que leur renommée est plus proche de 1 ou 2% que du 98% de l'autre Maryse...
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La lutte finale sera âpre
Souvent, une enquête d'opinion permet d'éclairer une situation obscure. C'est même ce que nous espérions en sondant, à un mois du 1er tour, des électeurs plutôt déboussolés
par le comportement insolite du personnel politique aixois. Sauf qu'à Aix, les choses ne se passent jamais simplement. Surtout lorsqu'il s'agit d'élections
municipales. Le millésime 2008 ne déroge pas à la règle.
Alors que dans de très nombreuses villes de France, le travail des instituts de sondage a déjà permis de préciser quelle mécanique électorale était à l'oeuvre et quel(s) résultat(s) on pouvait
en attendre; à Aix, la situation paraît à peine plus claire qu'hier, quand les observateurs livraient leurs analyses "pifométriques". Ainsi, les vertus prédictives qu'on prête volontiers à une
enquête d'opinion sont, ici, à tempérer.
Aucun des trois grands candidats n'a en effet creusé l'écart sur ses rivaux, au point de figurer déjà dans la
peau du vainqueur.
Tout au plus a-t-on confirmation de ce que beaucoup supposaient: même avec le soutien de l'ancien maire Jean-François Picheral, le socialiste dissident
Michel
Pezet peine à s'imposer comme alternative au candidat investi par le PS, le PC et les Verts, Alexandre Medvedowsky. Crédité de 8% des intentions de vote, l'avocat marseillais devrait
être en mesure de peser dans les négociations d'entre deux tours, mais pas en position de force.
Plus inattendu, le fait que
Maryse Joissains reste la favorite des électeurs (à égalité avec Medve), alors même que son image est une des plus brouillées de tous
les maires sortants de France. Sans doute pâtit-elle ici des promesses non tenues de la campagne de 2001 et de la mise à l'écart de ses adjoints Genzana et Salord, qui non seulement
draînent une partie de l'électorat UMP vers la liste de François-Xavier de Peretti, mais donnent également une épaisseur et une crédibilité à la critique de l'action municipale, puisqu'ils y
ont eux-mêmes participé.
Medvedowsky paraît, lui, en meilleure posture qu'on pouvait l'imaginer. En termes d'image, il semble finalement souffrir assez peu du pilonnage en règle
orchestré par son ex-père spirituel Jean-François Picheral. La présence d'une liste de dernière heure soutenue par la LCR pourrait toutefois minorer son score du 1er tour, mais pas celui du
second, qui ajoute encore à l'incertitude. Quant à FXdP, il améliorerait très nettement son score de 2001 - 13,9% des voix au 1er tour, ndlr-, mais sans doutes pas assez pour transformer
l'essai et prendre la mairie.
Par Paul-Henry Fleur et Hervé Vaudoit
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